Le menu de ton site, ses mots, ses adresses

 

Une botte de carottes, la terre encore aux racines. Pas besoin d'étiquette — on sait ce qu'on a dans la main, et d'où ça vient. Au marché, elle finira dans une cagette, sous une ardoise — « Carottes du potager », écrit à la craie. (Personne ne cherche plus loin.)

Sur ton site, le menu tient le rôle de l'ardoise. Chaque entrée dit ce qu'on trouve derrière, et son adresse le répète — Google la lit avant tout le monde. Les pages existent, le plan est fait. Reste à leur donner un nom, et un chemin.


Les mots du menu

Chaque entrée est une promesse — elle dit ce qu’on va trouver, ou elle oblige à cliquer pour le savoir.

 

Des mots qui disent ce qu’on trouve

Un menu se lit d’un seul regard. Chaque entrée doit dire ce qu’on va trouver, avec les mots de la personne qui cherche, pas ceux de ton métier. « Nos prestations », « Services », « Informations » — rien n’annonce la suite, alors on ne clique pas. « Massages et soins », « Paniers de saison », « Ateliers du mercredi » — on sait, avant même d’ouvrir la page.

La règle tient en une ligne — précise sur ce que tu proposes, simple sur le reste. Tes offres méritent des mots choisis. Le contact, le journal, l’accueil gagnent à garder leur nom ordinaire. « Rejoins-moi » ou « Parlons-en » ont du charme, mais on hésite (un formulaire, une inscription, un rendez-vous ?), alors que « Contact », tout le monde le reconnaît.

« Mon histoire » ou « L’atelier » à la place d’« À propos » fonctionnent, à condition que la page raconte vraiment ça.

Sur Squarespace, le mot du menu a son propre champ, le titre de navigation, distinct du titre de la page — l’entrée reste courte, la page peut porter un titre plus long.

 

Cinq menus, avant et après

Cinq sites, les mêmes pages au départ. Avant, des mots qu’il faut ouvrir pour comprendre ; après, des mots qui disent la page, et une adresse qui les répète.

 

Les paniers d’abord — chez celles qui cultivent, c’est ce qu’on vient chercher. « Informations » disparaît, son contenu rejoint les pages qui en ont besoin.

Deux offres au lieu d’un mot — chez celles qui soignent, « Services » se partage en deux entrées qu’on comprend sans cliquer, « Massages et soins » et « Cours de yoga ».

Les réalisations prennent la place — chez celles qui aménagent, « Réalisations » remplace « Équipe », et « Nos services » devient deux entrées, une par offre. L’équipe devient une section, juste avant la prise de rendez-vous, au moment où l’on se demande qui va venir chez soi.

Les infos suivent les ateliers — chez celles qui accompagnent, horaires, lieu, ce qu’on apporte rejoignent la page des ateliers, là où la question se pose.

Le sur-mesure remonte — chez celles qui façonnent, il dormait dans le dossier Boutique, visible seulement au survol. Sorti du dossier, il devient la première entrée, avec une adresse qui le nomme.

 

Dans les cinq menus « après », l’accueil a disparu — le logo y mène déjà, et la place libérée revient à une offre. Cinq à sept entrées, pas plus. Si ton menu déborde, il se regroupe d’abord, avant qu’on choisisse ses mots.

 

La forme du menu

Une fois les mots choisis, reste à les ranger, pour qu’on trouve sa page sans chercher, sur grand écran comme dans la paume.

 

Un seul niveau de dossier

Squarespace range des pages dans des dossiers — sur ordinateur, ils s’ouvrent au survol, sur téléphone, ils s’ouvrent au toucher, dans un second volet. Un niveau suffit. Au-delà, on cherche une page qu’on ne voit plus.

Un dossier n’a pas de page à lui (un clic dessus ouvre la liste, rien de plus), alors son nom doit être aussi clair que ce qu’il contient : « Ateliers », pas « Plus » ni « Pour aller plus loin ». Et ta page prioritaire ne se range jamais dans un dossier. Ce qu’on vient chercher le plus souvent reste à la surface du menu.

À côté du menu, Squarespace propose un bouton dans l’en-tête. Réserve-le à une seule action, la plus importante (prendre rendez-vous, réserver un panier), et écris-le avec un verbe. Il reste visible sur toutes les pages, sans prendre de place dans le menu.

 
 

Sur un téléphone, le menu se cache

Sur téléphone, ton menu se replie derrière trois traits. Il faut un geste pour l’ouvrir, chaque entrée doit donc valoir ce geste. Une fois ouvert, il prend tout l’écran — les entrées s’empilent l’une sous l’autre, dans l’ordre du menu sur ordinateur. Ta page prioritaire ouvre donc la liste ici aussi.

Les mots longs se plient sur deux lignes, et un dossier ouvre un second volet, avec une flèche pour revenir. Le bouton d’en-tête, lui, change de place selon ton modèle (il reste parfois en haut de l’écran, il glisse parfois en bas du menu). Dans l’éditeur Squarespace, l’aperçu téléphone montre tout ça sans quitter la page.

 

Les adresses (URL) de tes pages

Derrière chaque entrée, une adresse — on la choisit, on la soigne, et on ne la change pas sans prévenir.

Une adresse qui dit la page

Chaque page a une adresse, la partie qui suit ton nom de domaine — /massages-et-soins, /ateliers-parents-enfants. Google la lit, la personne qui reçoit ton lien aussi. Une adresse claire reprend les mots de la page, en minuscules, reliés par des tirets, sans accents ni chiffres inutiles. /services-2 ne dit rien, /paniers-de-saison dit tout.

Sur Squarespace, l’adresse se règle dans les réglages de chaque page, onglet Général, juste sous le titre de navigation (pour un article, dans les réglages du billet). Un passage s’impose après chaque copie — une page dupliquée hérite souvent d’une adresse avec un chiffre ou un mot en trop, qui reste en ligne tant qu’on ne la corrige pas.

 

Changer une adresse sans casser le chemin — la redirection 301

Quand une page change de nom, l’envie vient de corriger son adresse. C’est possible, à une condition — l’ancienne ne disparaît pas du monde. Elle vit dans les résultats de Google, dans tes anciens posts, dans le mail d’une cliente. Sans relais, elle mène à une page introuvable, l’erreur 404. Le relais s’appelle une redirection 301. Elle dit à Google et aux navigateurs que la page a déménagé, envoie chacun à la nouvelle adresse, et garde ce que l’ancienne avait gagné. Sur Squarespace, elle s’écrit dans les paramètres du site, Mappages d’URL, une ligne par page.

/ancienne-adresse -> /nouvelle-adresse 301

Reste à relire tes textes — les liens qui pointaient vers l’ancienne adresse, eux, ne se corrigent pas seuls.


Ce que Google en retient

Google suit les liens de ton menu pour trouver tes pages, et lit leurs noms et leurs adresses pour comprendre de quoi elles parlent. Une recherche « ateliers parents-enfants Lyon » trouve plus facilement une page /ateliers-parents-enfants qu’une page /activites. Ce n’est pas tout le référencement, mais c’est la base, et elle ne coûte rien.

 

Les questions qui reviennent

Au marché, personne ne lit de plan. Sur ton site non plus — un menu clair, et on reste.

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