Février – Relancer autrement, laisser circuler la lumière

Une série d'inspiration pour donner le ton pour le mois à venir

( humeur de Février )

Chaque mois, nous prenons 30 minutes pour nous reconnecter à nos intentions et poser un regard plus attentif sur notre quotidien. Un temps lent, choisi, pour écouter ce qui insiste en nous. Ce mois-ci, j’ai invité Sophie, designer culinaire et artiste du comestible derrière Coquillette, dont le travail se situe à la croisée de la cuisine, de la performance et d’une recherche profondément sensible.

Février n’est pas un mois sage. Il questionne. Il dérange un peu. Il oblige à clarifier.
Il demande : qu’est-ce que tu retiens encore ?

Chez Sophie, rien n’est tiède. Les gestes sont francs. Les saveurs tranchent. Les couleurs se superposent jusqu’à la saturation. Elle parle d’intensité, de polarité, de cette difficulté à faire dans la demi-mesure. Ici, le mouvement ne s’annonce pas en fanfare. Il travaille à bas bruit. Dans un bouillon longuement concentré. Dans des pages d’écriture noircies après des semaines de silence. Dans le repos assumé, qui fait partie du processus. L’hiver ne fige pas. Il prépare.

Relancer devient un acte lucide. Circuler, une nécessité vitale.


( Fixe une intention )

Les intentions ont ce petit pouvoir de guider notre quotidien, et j’aime les formuler à partir de questions simples. Ce mois-ci, Sophie partage la sienne — Et si c’était juste d’être trop ?

Une intention qui invite à clarifier sa posture plutôt que la diminuer. À assumer son intensité au lieu de la freiner.


( couleur )


(No. 01) Relancer

( Une définition selon toi ) Relancer, pour Sophie, c’est repartir sans se trahir. Recommencer autrement, mais depuis un endroit plus lucide. Ce n’est pas accélérer. Ce n’est pas faire plus.
C’est reconstruire avec plus de clarté.

C’est apprendre à parler en son nom. S’autoriser une voix plus personnelle, moins empruntée. Relancer n’est pas un sprint.
C’est un geste conscient.

( Des mots-clés ) Infusion, réduction, transformation

REGARDE VERS L'AVENIR

Quelle transformation te ressemble le plus en ce moment ? J’aime transformer les restes. La carcasse du poulet du dimanche devient un bouillon de ramen profond, presque médicinal. Je le laisse frémir longtemps. Très longtemps. J’aime cette idée que rien n’est vraiment terminé. Un reste, ce n’est pas une fin. C’est une concentration. Il suffit d’eau, de temps, de chaleur.
Et ça recommence autrement.

Comment tu sais qu’un geste est juste — ni trop, ni pas assez ? Je ne sais pas si je sais vraiment. Je fonctionne par intensité. Je vais au bout. Les saveurs sont franches. Les couleurs saturent. Longtemps j’ai cru que c’était excessif.
Aujourd’hui, je me demande si le geste juste, pour moi, ce n’est pas celui qui assume pleinement cette polarité. Quand je me retiens, je le sens immédiatement.
Ça sonne faux.

Quand une idée semble figée, qu’est-ce qui t’aide à relancer le processus ? Je cuisine une pâte.
Gyozas, bao, bagels, brioche… Je pétris. Je plie. Je recommence. La pâte demande du temps. Elle résiste un peu sous les doigts, puis elle devient souple. J’attends qu’elle lève. Pendant ce temps-là, quelque chose travaille en moi. Souvent, la solution arrive sans que je la force.

(No. 02) Circuler 

( Une définition selon toi ) Circuler, pour Sophie, c’est laisser l’énergie passer. Ne pas la retenir. Ne pas la figer dans une forme unique. C’est accepter que le mouvement ne soit pas linéaire. Qu’il avance par éclats, par rayons de soleil, par rencontres.

Circuler, c’est faire confiance aux flux. Aux échanges. Aux allers-retours entre silence et partage.

( Des mots-clés ) Flux, table, transmission

REGARDE VERS L'AVENIR

Quel geste répètes-tu ces jours-ci ? J’écris.
Après une longue pause, je remets tout à plat. Des pensées. Des fragments. Des phrases incomplètes. Écrire me permet de faire circuler ce qui stagnait. C’est une manière de remettre l’énergie en mouvement.

Si février était un plat ou une préparation, ce serait quoi ? Ce serait un cocktail un peu étrange, un peu vibrant. Chartreuse pour la chaleur presque médicinale. Gin pour l’ancrage net. Verjus ponzu pour la tension acide.
Un cordial floral pour appeler le printemps. Quelque chose qui réchauffe et réveille en même temps.

Quand l’élan manque, qu’est-ce qui remet du mouvement ? Le repos, d’abord. J’ai appris que ce n’est pas un moment vide.C’est un moment invisible. Si ça ne vient pas, ce n’est peut-être pas le bon chemin. Ou c’est simplement le moment de faire une pause.
Et puis les rencontres. Partager une chanson, une table, une conversation. Je sens vraiment que l’énergie circule d’une personne à l’autre. On repart différent. Un peu déplacé. Et ça remet quelque chose en route.

À quel moment de la journée tout semble le plus juste pour toi ? À chaque rayon de soleil. Je ne suis pas très régulière. Mais quand la lumière traverse l’atelier, quelque chose s’aligne. C’est bref. Mais c’est très clair.


  • Quelques questions légères, pour voir ton mois avec les yeux de Ginnie-Line (ou simplement avec les tiens).
    Ferme les écrans, prends un carnet… ou clique ici pour y répondre directement : Remplir le questionnaire

    Une pause simple pour ralentir, déposer ce qui compte, et peut-être retrouver un petit élan.

    Les intentions de Février avec Sophie – Aube #8CC4F0 → #FEFACD

    Un jaune encore timide, presque lacté. Un bleu froid qui n’a pas totalement quitté l’hiver. La lumière ne s’impose pas. Elle s’installe. C’est une couleur de transition. Une couleur de relance. Une couleur qui circule.

 
Suivant
Suivant

Janvier — La lumière basse et le temps qui s’étire