Juin – On verra le rangement plus tard

Une série d'inspiration pour donner le ton pour le mois à venir

( humeur de Juillet )

Chaque mois, nous prenons 30 minutes pour nous reconnecter à nos intentions et poser un regard réfléchi sur notre quotidien. Ce mois-ci, l'invitation n'est jamais partie — restée en brouillon, quelque part entre deux onglets. Alors l'invitée, c'est moi.

4 juillet, ressenti 10 juin. Cette note arrive en retard. Je la publie quand même — c'est sans doute la chose la plus juin que je ferai de l'année.

Le planning s'est arrêté le 8. Il affiche encore cette semaine-là : des cases pleines, parfaitement alignées. Je fais défiler. Je ne range rien. (Le planning ne dit rien non plus. C'est sa grande qualité.)

Le café refroidit deux fois par jour. Je le bois froid maintenant — ce n'est plus un accident, c'est une habitude. Quatorze onglets ouverts, dont deux qui sont le même brouillon. Je ne les ferme pas. Fermer un onglet, c'est décider, et juin n'a pas décidé grand-chose. Et puis cette note devait être celle de quelqu'un d'autre. L'invitation dort dans les brouillons, à trois clics d'être partie. Le mois a filé. Je me retrouve aujourd’hui devant mon propre questionnaire — et c'est troublant, un formulaire dans ce sens-là. Je reconnais mon écriture. Je ne sais pas quoi lui répondre.

Alors j'ai déballé la seule chose qui restait dans le carton : moi.


( Fixe une intention )

Les intentions ont ce petit pouvoir de guider notre quotidien, et j'aime les formuler à partir de questions simples. Ce mois-ci, c'est moi qui partage la mienne — poster le milieu. Pas la conclusion. Le milieu, avec ses onglets ouverts et son café froid.


( couleur )


(No. 01) Déballer

( Une définition selon toi ) Chez moi, déballer ne fait pas de bruit. Pas de papier déchiré, pas de scotch qui cède. Un clic, un onglet, un document sans titre. (Il s'appelle encore « Sans titre ». depuis trois semaines.)

( Des mots-clés ) déplier · cliquer · commencer

REGARDE OÙ TU EN ES

Ce que je déplie en premier, le matin ? L'écran, avant le volet. Je le sais parce que la pièce est encore sombre quand la page d'accueil s'allume. Les quatorze onglets d'hier m'attendent, fidèles — dont deux qui sont le même brouillon. Fermer un onglet, c'est décider. Le matin, je ne décide pas encore.

Ce que j'ai déballé sans l'avoir prévu ? Cette note. Elle devait être celle d'une invitée. Puis juin a filé, et je me suis retrouvée devant mon propre formulaire. C'est troublant, un questionnaire dans ce sens-là : je reconnais mon écriture, je ne sais pas quoi lui répondre. Alors j'ai déballé la seule chose qui restait dans le carton — moi.

Ce qui reste emballé ? Vingt-sept poses dans un appareil jetable, ressorti d'un tiroir. Zéro écran, zéro vérification. Quelqu'un m'a volé une grimace au vent, quelque part au milieu de la pellicule — je ne l'ai pas vue, je ne la verrai qu'au développement. C'est le seul carton que je n'ai pas le droit d'ouvrir avant l'heure. Curieusement, c'est le seul qui ne me démange pas.

(No. 02) Gigoter 

( Une définition selon toi ) Il y a dix ans, un burn out m'a confisqué la verticale — plus moyen de monter l'escalier sans tenir le mur. Une séance d'hypnose m'a posée sur un fil : j'y marchais bras ouverts, funambule tranquille, le vide en dessous avait autre chose à faire. Le vertige n'a pas rendu les clés. Mais quelque part en moi, une femme sait marcher sur un fil.

( Des mots-clés ) tanguer · trépigner · avancer

REGARDE OÙ TU EN ES

Ce qui gigote pendant que j'écris ça ? Le pied gauche, sous le bureau. Il bat une mesure que personne n'a demandée. Et le café fait des allers-retours avec moi entre la cuisine et l'écran — je le bois froid maintenant. Ce n'est plus un accident, c'est une habitude. Je n'ai pas encore décidé si elle m'inquiète.

Un mois qui tangue, je le traverse comment ? À petits pas, sans regarder en bas. Le planning de juin est resté sur la semaine du 8 — des cases pleines de choses déjà passées, bien alignées, parfaitement inutiles. J'ai fait défiler, je n'ai rien rangé, j'ai avancé à côté du planning plutôt que dedans. La funambule s'en fiche, du planning. Elle regarde le fil.

Un livre, une image, une conversation qui t'a traversée ce mois-ci ? Deux choses, et elles se sont répondu sans me demander mon avis. Une conversation avec Tania, d'abord, sur ce qui définit le repos. On a tourné autour longtemps — se poser, s'arrêter, dormir, contempler ? — sans tomber d'accord sur une définition. Je crois qu'on n'a pas trouvé parce qu'il n'y en a pas : le repos de Tania n'est pas le mien. (Le sien est dans sa note de mai.)

Et puis un nuage. « Cloud #07156 », la sculpture de brouillard de Fujiko Nakaya. L’artiste sculpte ce qui ne se garde pas — la brume monte, prend la Rotonde, se dissipe, recommence. J'y suis entrée. Au bout de trois pas, on ne voit plus ses pieds. On avance quand même — on écoute, on tend les mains, on fait confiance à un sol qu'on ne voit pas. Il y a dix ans, une séance d'hypnose me posait sur des nuages pour m'apprendre à remonter un escalier. En juin, j’y suis entrée. J'y vois un clin d'œil. Je le prends.

Le premier geste du rangement ? Le verre d'eau. Coin du bureau, plein depuis mardi. Personne ne le boit, personne ne le vide, il fait partie des meubles. Ce sera lui. On dit toujours les onglets. Ce n'est jamais les onglets.


 

Les intentions de [MOIS] avec [PRÉNOM] — [COULEUR] #000000. [DESCRIPTION]


Lilas doux #9B9AED intuitif · rêveur · délicat
Pêche poudré #FFE8D9 chaleureux · accueillant · doux
Rouge terracotta #E37A5D vivant · ancré · courageux
Bleu électrique #0055C9 précis · affirmé · lumineux
Vert jade #00B9A2 apaisant · naturel · équilibré
Menthe givrée #CEF6F0 frais · léger · printanier