Un site se dessine avant de se construire. À plat, sur une feuille : les pages qui existent, ce qu’elles contiennent, comment passer de l’une à l’autre. Ce plan prend une heure. Chaque décision prise sur le papier n’est plus à prendre dans l’éditeur, bloc par bloc.
Un crayon suffit. Miro ou Figma, si tu préfères l’écran. Et si ton site est déjà en ligne, le plan sert aussi : il montre ce qui s’est empilé au fil des retouches.
Lister avant de ranger
Commence par tout poser, sans trier. Une ligne pour chaque chose que ton site doit dire ou montrer : ce que tu proposes, pour qui, comment ça se passe, les tarifs, les questions qui reviennent, qui tu es, tes réalisations, ton journal si tu en tiens un, comment te joindre.
Si ton site existe déjà, fais la liste à partir de ce qui est en ligne, page par page. Les doublons apparaissent vite : deux pages qui disent la même chose, une offre qui n’existe plus, une page que personne ne trouve.
Une page ou une section ?
Tout ne mérite pas une page. Une question pour trancher : quelqu’un pourrait-il arriver directement ici, depuis Google ou depuis un lien que tu envoies ? Si oui, c’est une page. Si le contenu n’a de sens qu’à côté d’un autre, c’est une section.
Tes tarifs vivent à côté de l’offre qu’ils décrivent. La FAQ tient souvent en bas d’une page, Offres ou Contact. Tes témoignages rassurent là où la décision se prend, pas sur une page à part que personne n’ouvre.
Sur Squarespace, la différence est concrète : une page a une adresse, une section est un morceau de page.
Dessiner l’arborescence
Avec ce qui reste, regroupe par familles. Une famille, c’est ce qu’une personne cherche au même moment : comprendre ce que tu fais, choisir, te faire confiance, te joindre.
Puis dessine l’arbre. En haut, l’accueil. En dessous, les pages principales, celles du menu. Sous chacune, si besoin, les pages qui en dépendent. Deux niveaux suffisent presque toujours. Au troisième, la lectrice se perd.
Le plan d’une céramiste
Accueil
Boutique → Pièces uniques · Services de table sur commande
Ateliers → Initiation · Tour
L’atelier (qui elle est, comment elle travaille)
Journal
Contact, avec la FAQ en section
Écris les noms tels qu’ils apparaîtront dans le menu. Le mot juste est celui que ta cliente emploierait, pas celui de ton métier. Le nombre d’entrées, les mots du menu et les adresses des pages, c’est l’étape suivante.
Tracer les liens entre les pages
Le menu n’est pas le seul chemin. L’arbre dessiné, relie les pages entre elles, avec des flèches. La page Ateliers mène à la réservation. L’atelier mène aux pièces. Un article du Journal mène à la page qu’il éclaire.
Deux vérifications. Aucune page en cul-de-sac : chacune propose une suite. Et ta page prioritaire (ton offre, ta boutique ou ton contact) reçoit des flèches de partout. Si elle n’en reçoit qu’une, celle du menu, elle reste difficile à trouver.
Ces flèches deviendront les liens dans tes textes et les boutons en fin de section. Google les suit aussi : c’est par eux qu’il comprend quelles pages comptent.
Relire le plan sur un téléphone
Une bonne partie de tes visites arrive sur un téléphone. Le menu s’y replie derrière une icône, et chaque page se lit en colonne, une section après l’autre.
Reprends ton plan avec cet œil-là. Ton menu tient-il sur un écran, sans faire défiler ? Dans chaque page, ce qui compte est-il en haut, ou faut-il descendre longtemps pour le trouver ? Tes liens se voient-ils encore quand il n’y a plus de colonne à côté ? Si l’essentiel attend à la cinquième section, remonte-le maintenant, sur le papier. C’est plus simple que dans l’éditeur.
Ouvrir l’éditeur
Le plan sous les yeux, l’éditeur n’est plus un endroit où chercher. C’est un endroit où reporter : tu crées les pages de l’arbre, tu places les sections, tu poses les liens. Et quand ton activité bouge, c’est le plan que tu reprends d’abord. Une page qui s’ajoute, une qui fusionne, une flèche qui change.
Tu as ton plan de site. Reste à voir où ça coince.

